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bible de lucileLa Bible de Lucile - Pierre-Marie Beaude

Remise du Prix des libraires religieux au Salon du livre de Paris, lundi 23 mars 2015
Mot de remerciement de Pierre-Marie Beaude

 

"Je vous remercie beaucoup, Monsieur, pour ce prix du Syndicat des Libraires de Littérature Religieuse. J’en suis surtout heureux pour Lucile qui, grâce à vous, va rester à la disposition du public. Depuis sa publication il y a six mois, La Bible de Lucile s’est révélée un livre utile pour bien des gens, groupes bibliques, groupes spontanés à la recherche d’un guide, lecteurs isolés. Je suis très heureux qu’elle puisse continuer de s’offrir largement.

Un chaleureux merci à l’équipe éditoriale des éditions Bayard, ainsi qu’à l’équipe Communication. Et bien entendu, un remerciement tout particulier à Frédéric Boyer qui m’a lancé dans cette aventure, a toujours cru en ce projet, et m’a accompagné fidèlement pendant ces quatre années.

En rédigeant ce livre, j’ai découvert combien la Bible est un texte fort long. Il m’aura fallu quatre ans, d’une écriture quasiment quotidienne de plusieurs heures pour réussir la traversée de la Genèse à l’Apocalypse. Plusieurs fois, Lucile compare ce voyage à une traversée de l’Atlantique à la rame. C’est vraiment le sentiment que j’ai éprouvé. Il faut se fixer des étapes : le Pentateuque. On souffle un peu et on repart pour les Prophètes. Puis ce sont les Écrits, puis les Deutérocanoniques, puis les vingt-sept livres du Nouveau Testament. C’est une épreuve physique assez épuisante, mais combien passionnante.

Ce livre est un dialogue, et je voudrais m’en expliquer en deux mots. Les anciens rabbis savaient que personne à lui seul ne possède le sens du texte sacré. Ils se rassemblaient, choisissaient un passage, en discutaient de façon souvent polémique, et le sens naissait de tous ces affrontements. Je crois que le sens de la Bible ne peut naître que d’un échange, un échange où chacun apporte son savoir, mais également son vécu. C’est ce que fait très bien Lucile, jeune femme et mère de famille. Il n’est pas question pour elle de recevoir la signification des livres de façon passive, un savoir en somme qui tomberait comme un oracle de la bouche de son oncle savant. Elle argumente, elle dit ses désaccords, elle compare les passages de la Bible avec ce qu’elle vit. C’est là la vraie manière de lire. L’exégète est là pour éviter qu’on parle du texte sans le lire, mais cela n’est pas suffisant. Les Pères de l’Église savaient très bien cela en développant l’idée d’un « sens spirituel » de l’Écriture, sur lequel Henry de Lubac a beaucoup insisté : le sens spirituel est celui qui naît de la confrontation entre le texte et la vie, et qui finit par s’enraciner dans le cœur.
Je reçois régulièrement des témoignages de lecteurs. Ce livre les aide à entreprendre une lecture qui leur a souvent fait peur. Ils se sentaient si peu armés pour oser ! Grâce à Lucile, ils se sont lancés. C’est pour moi un réel bonheur."

 

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