Alexandra David-Neel, l’invention d’un mythe

Alexandra David-Neel, l’invention d’un mythe

Nouvelle biographie de la célèbre exploratrice, à l’occasion du 50e anniversaire de sa mort

Alexandra David-Neel (1868-1969) est souvent présentée comme une figure spirituelle majeure du 20e siècle. Ses longs voyages en Inde et en Asie, sa connaissance approfondie du bouddhisme et des coutumes tibétaines, son intérêt pour les philosophies hindoues et chinoises laissent penser que cette femme de lettres, autrefois chrétienne, s’est engagée dans une quête mystique et a fini par adopter les croyances de l’Extrême-Orient. Une lecture attentive de ses écrits montre qu’Alexandra David-Neel était au contraire une matérialiste convaincue.

Ce livre montre comment la catholique qu’elle était à l’adolescence a progressivement rejeté toute idée de surnaturel et de transcendance, en devenant tour à tour protestante, gnostique, athée, puis adepte d’une philosophie pessimiste réduisant la vie à une grotesque illusion et l’être humain à un amas de cellules uniquement gouverné par le désir. La « quête » d’Alexandra David-Neel n’avait, de fait, rien de spirituel. La vie entière d’Alexandra David-Neel peut se lire comme une tentative renouvelée et finalement victorieuse de se penser et de se vivre comme femme libre à une époque qui laissait peu de place à la créativité féminine.

Marion Dapsance est docteur en anthropologie de l’École Pratique des Hautes Etudes et a enseigné l’histoire du bouddhisme en Occident à l’Université de Columbia (New York). Elle est l’auteur du livre Qu’ont-ils fait du bouddhisme? publié par Bayard en 2018.

300 pages – 16,50€

Parution le 28 août 2019

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